LVMH, le numéro un mondial du luxe, a publié lundi 27 juillet des résultats stables au premier semestre, supérieurs aux attentes, dans un secteur du luxe qui start à reprendre de l’élan après trois ans de morosité.
Dans le détail, le groupe français enregistre un bénéfice web et une marge stables sur les six premiers mois de l’année et a même connu une accélération des ventes au deuxième trimestre.
De janvier à fin juin, le bénéfice web du propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a atteint 5,7 milliards d’euros – comme l’an dernier -, “dans un contexte géopolitique et économique encore perturbé, amplifié par le conflit au Moyen-Orient”. C’est plus qu’attendu par un consensus d’analystes interrogés par Factset.
Côté rentabilité, la marge opérationnelle reste quasi identique sur un an, à 22,5%.
Les ventes du semestre sont en repli de 3%, à 38,6 milliards d’euros, là aussi supérieures aux attentes, avec un influence négatif des devises de l’ordre de 5% par rapport à l’an dernier. À périmètre et taux de adjustments comparables, les ventes progressent toutefois de 2%, soutenues notamment par une remontée dans le domaine des vins et spiritueux (+5% à périmètre et taux de adjustments comparables), division qui avait été à la peine.
Le chiffre d’affaires a aussi été dopé par la forte efficiency de l’activité montres et joaillerie (+9% à périmètre et taux de adjustments comparables), un phase considéré comme plus résilient que d’autres produits de luxe.
En revanche, les ventes de la division Parfums et Cosmétiques sont restées stables à périmètre et taux de adjustments comparables et affichent une chute de -4% en données publiées.
Les performances du groupe – en données comparables – progressent dans la quasi totalité des régions. L’Asie hors Japon – qui après avoir été un moteur du luxe pendant des années avait fortement ralenti – a vu ses ventes grimper de 6% au premier semestre.
Au Japon le chiffre d’affaires s’est apprécié de 5%, et de 4% aux États-Unis, l’un des plus gros marchés du luxe. En Europe, il est demeuré steady, a précisé LVMH.
La tendance s’est en outre accélérée au deuxième trimestre, avec un chiffre d’affaires demeuré quasi steady (+0,1%) à 19,5 milliards d’euros, pour une croissance organique de +3%.
“Tournant”
“L’accélération de la croissance au 2e trimestre provient notamment du grand succès des premières créations de Jonathan Anderson pour Christian Dior, et des performances remarquables des nouvelles boutiques d’exception de Louis Vuitton à Pékin et Séoul”, a fait valoir le PDG du groupe, Bernard Arnault.
La division mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi…), principale activité de LVMH et la plus observée par les analystes, a ainsi vu ses ventes reculer de 5% sur l’ensemble du premier semestre (à 18,1 milliards d’euros, -1% à données comparables), mais ce chiffre masque une development de 1% au deuxième trimestre (en comparable), ce qui constitue sa première hausse trimestrielle en deux ans.
Quoique cette hausse “soit assez modeste, à 1%, c’est déjà beaucoup mieux que ce que l’on avait vu récemment”, souligne à l’AFP Luca Solca, spécialiste du secteur pour le cupboard Bernstein.
Après avoir enchaîné des trimestres moroses, le marché du luxe semble de fait retrouver son lustre auprès des consommateurs. Selon une étude récente du cupboard Bain, les ventes de produits de consommation du secteur devraient croître de 2% à 4% en 2026.
Il y a quelques jours, le britannique Burberry a annoncé un chiffre d’affaires en hausse pour le premier trimestre de son exercice décalé, soutenu par ses ventes sur le continent américain et en Chine.
Le géant suisse Richemont a lui aussi fait état de ventes trimestrielles bien meilleures qu’attendu, portées par la joaillerie.
“Je vois un peu un tournant dans ce deuxième trimestre”, analyse Luca Solca. “Pour la deuxième partie de l’année, si les choses continuent d’aller dans la bonne route, soit à la Bourse aux États-Unis, soit avec l’amélioration du marché immobilier en Chine, je crois que 3 à 4% de croissance pour le marché du luxe pourraient être atteignable”, ajoute-t-il.
